Introduction
Depuis janvier 2025, toutes les copropriétés françaises — quelle que soit leur taille — ont l'obligation légale de disposer d'un Plan Pluriannuel de Travaux (PPT). Sur les 643 000 copropriétés recensées au Registre National des Copropriétés, une fraction significative n'a pas encore satisfait à cette obligation, notamment parmi les petites copropriétés de moins de 50 lots entrées dans le dispositif en dernier.
Pour un bureau d'études thermiques, cette réalité représente un gisement commercial structurel. La question n'est plus "y a-t-il du marché ?" mais "comment identifier rapidement les copropriétés sans PPT sur mon territoire avant mes concurrents ?". Ce guide présente la méthode opérationnelle pour répondre à cette question, données à l'appui.
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1 — Le PPT en 2026 : qui est concerné, quelles obligations
Le calendrier d'obligation par taille de copropriété
La loi Climat-Résilience du 22 août 2021 a institué le PPT comme obligation pour toutes les copropriétés comportant au moins un logement. Le déploiement a été progressif :
- Depuis le 1er janvier 2023 : copropriétés de plus de 200 lots (usage d'habitation ou mixte).
- Depuis le 1er janvier 2024 : copropriétés entre 51 et 200 lots.
- Depuis le 1er janvier 2025 : toutes les copropriétés, y compris celles de 50 lots et moins.
Au 30 juin 2026, l'ensemble du parc de copropriétés résidentielles est soumis à l'obligation. Les syndicats qui n'ont pas encore établi leur PPT sont en infraction réglementaire.
Ce que doit contenir un PPT
Le PPT est un document établi pour une durée de 10 ans, révisable tous les 10 ans, qui recense :
- L'état apparent des parties communes et des équipements collectifs.
- Les travaux nécessaires pour maintenir en bon état l'immeuble et économiser de l'énergie.
- Une estimation du niveau de performance énergétique que permettraient d'atteindre ces travaux.
- Le coût global estimatif des travaux, par ordre de priorité, avec une planification annuelle.
Le PPT n'est pas une formalité administrative : il est le document fondateur sur lequel s'appuie la planification budgétaire de la copropriété et la constitution du fonds travaux obligatoire.
La connexion PPT–DPE collectif–DTG
Le PPT doit intégrer une analyse de la performance énergétique de l'immeuble. Cette analyse peut s'appuyer sur un DPE collectif ou un Diagnostic Technique Global (DTG). En pratique, une copropriété sans DPE collectif récent ni DTG a toutes les chances de ne pas disposer non plus d'un PPT solide — c'est ce croisement qui constitue le signal de prospection le plus actionnable pour un BET.
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2 — Où se trouve la donnée : RNC, DPE collectif, sources publiques disponibles
Le Registre National des Copropriétés (RNC)
Le RNC, géré par l'ANAH, recense l'ensemble des copropriétés françaises avec pour chacune : le nombre de lots, l'adresse et la géolocalisation, l'année de construction, l'identité du syndic et la date du dernier dépôt de données.
Ce que le RNC ne contient pas directement : l'existence ou l'absence d'un PPT. Les données financières déclarées peuvent en donner une indication indirecte, mais ce n'est pas un signal fiable.
La base DPE collectif ADEME
L'ADEME publie en open data les DPE collectifs réalisés depuis la réforme de 2021. L'absence de DPE collectif dans cette base pour une copropriété inscrite au RNC est un signal fort de non-engagement dans la démarche réglementaire. À l'inverse, un DPE collectif récent (moins de 3 ans) indique que la copropriété a commencé à structurer sa connaissance énergétique.
La BDNB comme couche d'enrichissement
La Base de Données Nationale des Bâtiments (BDNB), produite par le CSTB, enrichit les données RNC et ADEME avec des informations cadastrales, des caractéristiques architecturales et une géolocalisation de précision supérieure — utile pour réconcilier des adresses légèrement différentes entre sources et estimer la surface totale des bâtiments.
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3 — Méthode : croiser RNC × DPE collectif × territoire pour qualifier vos cibles
Étape 1 — Extraire le stock de copropriétés sur votre territoire
La première étape consiste à extraire du RNC toutes les copropriétés présentes sur votre territoire de prospection. Pour chaque copropriété, noter :
- Nombre de lots : indicateur de la taille de la mission potentielle.
- Année de construction : un bâtiment antérieur à 1975 a fort potentiel de gain énergétique.
- Dernier dépôt de données : un syndic qui ne dépose pas ses données régulièrement est souvent peu au fait des obligations réglementaires.
Étape 2 — Croiser avec la base DPE collectif
Sur la même emprise géographique, identifier quelles copropriétés du RNC disposent d'un DPE collectif dans la base ADEME. Résultat du croisement :
- Copropriétés avec DPE collectif récent (< 4 ans) → moins prioritaires à court terme.
- Copropriétés sans DPE collectif ou avec DPE collectif antérieur à 2021 → cibles prioritaires.
Étape 3 — Prioriser par taille, ancienneté et classe énergétique
Parmi les copropriétés sans DPE collectif récent, appliquer un tri combiné :
- Nombre de lots (20 à 100 lots) : meilleur équilibre mission/décision.
- Année de construction (avant 1975) : bâti antérieur aux premières réglementations thermiques RT1974.
- Classe DPE des logements individuels : une copropriété avec une majorité de logements E, F ou G est plus urgente réglementairement.
Étape 4 — Identifier le syndic et préparer l'approche commerciale
Le RNC fournit le nom du syndic. Deux profils sont particulièrement réceptifs : le syndic bénévole (moins informé des obligations) et le petit syndic professionnel local (peut devenir un prescripteur récurrent). L'approche la plus efficace : contacter le syndic en présentant la cartographie des copropriétés similaires qui ont déjà réalisé leur PPT, et en posant la question directe : "Avez-vous déjà fait établir votre PPT ?"
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4 — Automatiser la prospection : ce que font les BET les plus efficaces en 2026
Le coût de la méthode manuelle
Appliquée manuellement — téléchargement des exports RNC, requête API ADEME, géocodage, croisement en tableur — cette méthode prend entre 3 et 8 heures pour un département. Pour un BET qui souhaite prospecter sur 3 à 5 départements avec une actualisation trimestrielle, la charge de travail dépasse ce qu'un chargé d'affaires peut absorber en plus de la production.
La cartographie automatisée en pratique
Des plateformes spécialisées comme Reeenov pour les bureaux d'études thermiques agrègent en temps réel le RNC, la base DPE collectif ADEME et les données BDNB. En pratique :
- Saisir un territoire (commune, code postal, département).
- L'outil retourne l'ensemble des copropriétés avec, pour chacune, la présence ou l'absence d'un DPE collectif récent, la taille, l'année de construction et la classe énergétique estimée.
- Le résultat est exportable en liste qualifiée ou visualisable sur carte.
L'Agent Diagnostic Reeenov complète cette prospection amont : il analyse les documents PPT, DTG et DPE collectifs existants en 30 secondes et génère un compte rendu structuré.
Ce que ça change concrètement
Les BET qui ont structuré cette approche data rapportent :
- 3 à 5 contacts qualifiés par journée de prospection ciblée, contre 0,5 à 1 en prospection non structurée.
- Taux de transformation devis/mission 15 à 25 % supérieur sur les leads identifiés via données.
- Gain de temps : 30 minutes de paramétrage pour couvrir un département entier, contre 6 heures en méthode manuelle.
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Identifiez vos prochaines missions PPT en moins d'une heure
Cartographier les copropriétés sans PPT sur votre territoire n'est plus une opération de recherche manuelle. Les données sont disponibles, les outils pour les croiser aussi.
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